Palabres d’auteur #1 : Faut-il se fixer des objectifs ?

Bonjour à toutes et à tous, et bienvenus dans Palabres d’auteur. Peut-être me découvrez-vous en lisant ces lignes. Je me nomme Tryf’, comme le titre du blog le laisse suggérer. Je suis un auteur… du moins j’écris et illustre une série de light novel intitulée Reine de France (dont j’ai fait une présentation complète il y a quelques jours) qui se déroule dans notre monde à notre époque mais où j’ai remplacé notre bien-aimé Président de la République par une reine.

(Oui, humour… il en faut bien un peu)

Je suis débutant au niveau de l’écriture, étant donné que cela fait moins d’un an que je me suis attaqué à ce format. Mais de l’autre je ne suis pas nouveau pour ce qui est de la création (je n’ai juste jamais publié avant cette année…).

Mes connaissances s’étalent surtout sur l’univers du manga qui m’a absorbé il y a longtemps déjà… J’en suis un peu plus détaché désormais même si je suis toujours d’un œil ce qu’il s’y passe, dans l’espoir d’y voir un nouveau titre m’intrigant. Et ce détachement me permet de m’intéresser davantage aux autres formes d’art.

Maintenant que vous en savez plus sur moi, qu’est-ce que ceci ?

Présentation

Palabres d’auteurs se veut être un lieu d’échanges entre auteurs, mais aussi entre auteurs et lecteurs. Je souhaite profiter de ces lignes pour écrire et développer autour de la création artistique, que ce soit l’écriture, le dessin, ou toutes formes d’art au final, je ne me pose pas de limite.

Il n’y a pas de structure prédéfinie à ces articles, qui pourront prendre diverses formes en fonction des thématiques abordées. Malgré tout il est probable que je parte souvent de mon point de vue pour essayer de développer une question derrière, comme c’est le cas de ce premier numéro.

Il se peut aussi que j’illustre mes propos avec mon œuvre, ou d’autres d’ailleurs, que je créditerais bien évidemment.

Il n’y a pas de rythme de publication prédéfini non plus. Palabres d’auteur sortira quand il sera prêt, avec entre 1 et 3 jours d’accès anticipé sur mon Patreon (sur le premier niveau d’abonnement à 1€/mois).

Après cette présentation je crois que nous allons pouvoir commencer. Ce premier numéro est consacré aux objectifs que l’on se fixe en tant qu’auteur/artiste.

Mon objectif de l’année

Je vais donc démarrer en vous présentant les miens, rapidement. Je le précise si jamais mais cet article sortant en septembre, l’année considérée est l’année scolaire (jusqu’à juin/juillet 2026).

J’ai commencé à écrire il y a moins d’un an, en décidant d’adopter un format qui n’est peut-être pas le plus apprécié au premier abord, mais qui je crois peut trouver un bon mélange pour rendre l’histoire autant compréhensible qu’agréable à la lecture.

D’ici juillet 2026 je devrais avoir écrit 3 volumes en plus. Je souhaite d’ici-là réussir à atteindre cet équilibre, du moins m’en approcher en continuant d’apprendre, de découvrir sur l’écriture qui, oui, est un véritable art.

Cet équilibre doit venir aussi avec les illustrations. Si vous me suivez vous avez appris il y a peu que je vais réduire le nombre d’illustrations par volume de Reine de France, dans ce but. Cela doit me servir pour travailler davantage le texte, car même si je tiens aux illustrations, l’art visuel ayant bien plus d’impact sur moi, c’est bien le texte qui raconte l’histoire et il doit être bien plus peaufiné que je ne l’imaginais au départ.

Les mots ont beaucoup plus de force qu’on ne le pense au premier abord. Là où l’image cherche à se suffire par elle-même, en nous montrant ce qu’elle veut nous partager, et là où le manga joue sur le découpage entre les cases, la mise en scène qui en découle, etc… le texte s’appuie sur des mots qui, combinés, offrent un sens à l’image virtuelle qu’il crée.

J’utilise beaucoup cette illustration en exemple, mais les deux pages qui la précèdent offrent beaucoup plus de détails à la scène. L’illustration ne fait que représenter la scène, le texte la raconte.

Il faut trouver les bons mots pour que le lecteur ressente ce que les personnages ressentent, ce que l’auteur veut partager. Honnêtement cet aspect mériterait un numéro entier donc je ne vais pas développer davantage pour revenir à notre sujet du jour. Et en attendant je pense que là est l’objectif principal que je me fixe cette année : réussir à transmettre l’histoire que je crée pour que le lecteur y ressente l’ambiance globale, l’émotion des personnages, l’intensité des scènes, des actions et des enjeux.

Faut-il se fixer un objectif ?

Il y a quelques années, je m’étais fixé un objectif à atteindre, qui demandait à ce que a + b + c + d + etc… se goupillent pour y parvenir. Bien évidemment ça ne marche pas ainsi.

Ce n’est sans doute pas un mal de ne pas s’en fixer. Partir sans but permet de laisser libre court à la création instantanée, à l’imaginaire de passage.

Cela a peut-être même son avantage sur une histoire courte. D’un point de départ on regarde où l’on arrive, 50 ou 60 pages plus loin. L’avantage d’un tel exercice est qu’il travaille l’imaginaire, qu’il crée des idées, qui peuvent potentiellement être développées plus tard. Je comprends mieux ainsi l’intérêt du one-shot dans les mangas, nombre de titres majeurs trouvant leur origine dans ce format spécifique.

Il est probable que certains auteurs soient à l’aise dans cette idée de se laisser transporter. Mais d’autres, comme c’est mon cas, ne le sont pas.

D’autres ont besoin d’un but, d’une ligne d’arrivée à franchir. Car en fixant un objectif ils disent : « Mon histoire doit arriver là ». Pour eux « là » est le point le plus important de tous.

Là encore il faut diviser les auteurs en deux groupes. Certains fixent la ligne d’arrivée et se laissent porter, laissant ainsi leurs personnages vivre leurs aventures, mais sans jamais oublier où ils doivent finir.

Pour d’autres, dont je fais parti, il faut encore fixer des objectifs intermédiaires. Des points de passage qui permettent de contrôler notre récit, de ne pas le voir partir dans toutes les directions. Car on a besoin de rester maître de notre histoire. Les personnages sont plus restreints dans leurs mouvements mais restent libres en dehors des objectifs immédiats.

C’est ainsi que Reine de France est conçu. Et pourtant, malgré les centaines de pages de script qui indiquent la direction à suivre, je vois régulièrement les personnages ajouter un point ici, un autre là…

Jusque-là je n’ai parlé que des objectifs pour la création d’une histoire. Car on pourrait aller au-delà. Un auteur qui se fixe un objectif se fixe, dans un certain sens, un objectif de vie. Ce but à atteindre, plus que tout, peut nous prendre aux tripes, au point de tout mettre en œuvre pour y parvenir.

Et on en revient à a + b + c + d… En me fixant des objectifs à atteindre, je me suis fixé une idée d’à quoi pourrait ressembler mon avenir. Mais il suffit que a ne fonctionne pas pour que le reste ne voit pas le jour. Nos objectifs deviennent alors inatteignables.

Là est le plus gros danger : se fixer des objectifs irréalistes. Le mal-être qui peut en ressortir peut être dangereux pour soi.

Conclusion

La réponse finale est plutôt nuancée. Elle dépend de tout un chacun, mais aussi de notre œuvre, notre ambition, notre manière de penser, de créer. Car je crois qu’il existe une manière de faire par auteur, par personne, en fonction de nos vécus, de notre idéal.

Certains en ont besoin, car c’est ainsi qu’ils fonctionnent. Sont-ils plus ambitieux à vouloir tout prévoir, à tout planifier ? Pas forcément. D’autres n’y verront pas l’intérêt et iront là où leur âme les guide. Ils ne sont pas moins déterminés que les autres, mais fonctionnent juste différemment.

Et le point le plus important de l’objectif fixé est sa faisabilité. Si je ne devais donner qu’un seul conseil : soyez réalistes. Ne foncez pas tête baissée.

Et vous, à quel groupe appartenez vous ?

Le premier numéro de Palabres d’auteur est terminé. Je conclus simplement en vous disant que le deuxième numéro pourrait sortir en octobre. Ce n’est pas certain mais peut-être. J’ai d’ores et déjà des idées pour les 4/5 prochains numéros pour les thématiques à aborder, dont certaines sont relativement lourdes.

Bref, je vous laisse ici. Je vous souhaite une bonne journée/soirée, bonne lecture peut-être et à bientôt.

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